“Little Heaven” – Nick Cutter

“Little Heaven” – Nick Cutter

Titre : Little Heaven
Auteur : Nick Cutter
Format : Papier
Nombre de pages : 592
Editeur : Denoël
Note : 15/20

4ème de couverture / Résumé éditeur :
Le passé est un molosse qui vous poursuit à travers champs et collines, tenaillé par une faim dévorante, vous pistant jusqu’à ce que, une nuit, vous l’entendiez gratter à la porte. Le mal ne meurt jamais ; il sommeille. Parlez-en à Minerva, à Micah et à Ebenezer, chasseurs de primes, mercenaires dans l’âme mais aux dons inégaux. La première fois qu’ils font équipe, en 1966, c’est pour retrouver un enfant qui a été enlevé par une secte obscure oeuvrant au Nouveau-Mexique, dans un endroit nommé Little Heaven. C’est là que le révérend Amos, qui reçoit ses ordres de Dieu directement, rassemble ses fidèles pour un culte des plus sombres. Quinze ans plus tard, la fille de Micah est enlevée, et le trio devra s’armer pour le débarquement de l’Enfer à Little Heaven.
Avec un plaisir manifeste et sa perversité habituelle, Nick Cutter (Troupe 52) démontre dans ce western sanglant et nerveux qu’il a su dompter les codes du roman d’épouvante.

Mon avis :
Pour tout vous dire, après Vindicta, j’ai voulu changer de registre pour être certaine de ne pas faire de comparaison entre les deux livres, tout en choisissant un roman qui promettait de l’action. Je ne me suis pas trompée en optant pour “Little Heaven”.

Parlons d’abord de cette couverture, soyeuse sous les doigts, mais qui d’office laisse entendre que cet endroit nommé Little Heaven n’est pas le paradis que son nom laisse supposer. Cette couverture est plutôt sinistre et ne laisse rien présager de bon, Little Heaven est tout sauf un havre de paix.

A l’intérieur, de superbes dessins viennent illustrer l’histoire, renforçant pour certains le climat malsain et oppressant du récit.

“Little Heaven” est un roman horrifique. Il n’y est pas question de fantômes, d’esprits maléfiques, non, il y est tout simplement question du Mal et peu importe la forme qu’il prend. Il y est question de domination (de l’esprit et du corps), de rédemption, de la capacité à mettre de côté ses différends et sa soif de vengeance pour s’unir contre le mal.

Les chapitres alternent entre le présent (1980) et le passé (1965-1966). Ces allers-retours entre les deux époques permettent de comprendre les liens qui unissent les trois protagonistes : Micah, Minerva et Ebenezer. Chacun a une personnalité bien définie et je les ai trouvés très attachants, tout mercenaires qu’ils soient. Les personnages secondaires ne sont pas en reste et le révérend est particulièrement détestable comme tous les gourous.

Le début ressemble à un western et m’a fait penser à la tour sombre de Stephen King et particulièrement au personnage de Roland pour ce qui est de Micah. Ebenezer est, je crois, mon personnage préféré avec son humour anglais typique. Quant à Minerva, son besoin d’aller au bout du but qu’elle s’est fixé lui fait aller au-delà de ses limites.

Peu à peu, les trois mercenaires vont voir la situation leur échapper et le western prend une tout autre tournure. L’ambiance devient oppressante, la tension monte et les monstres apparaissent… Je ne vous en dirai pas plus à leur sujet mais sachez qu’ils sont tout simplement effrayants (et je ne parle pas forcément de leur aspect physique).

Quand on commence à connaitre les personnages et que l’on sait à quel point ils peuvent encaisser les coups, on comprend que ce qu’ils ont vécu à Little Heaven doit être terrible mais cela va au-delà de tout ce que l’on peut imaginer.

Les livres agissent rarement sur la qualité de mon sommet, mais “Little Heaven” a réussi à troubler mes nuits à plusieurs reprises, je ne saurais pas expliquer comment car elles n’ont pas été peuplées de cauchemars, mais au réveil, j’avais la sensation que cette histoire était à l’origine de mon sommeil perturbé. C’est assez rare pour le souligner. Malgré cela, j’ai continué chaque soir à lire en me demandant quelle en serait l’issue et cette dernière ne m’a pas déçue.

L’enfer est une boîte, l’enfer est une boîte, l’enfer est une…
Et si on commençait ?

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