“Les ombres de l’innocence” – Coraline Croquet

“Les ombres de l’innocence” – Coraline Croquet

Titre : Les ombres de l’innocence
Auteur : Coraline Croquet
Editeur : Kennes
Format : papier (épreuves non corrigées)
Nombre de pages : 310
Dates de lecture : 24/03/2021 – 27/03/2021
Ressenti : belle découverte

4ème de couverture / Résumé éditeur :
Quelques jours avant Noël, Vincent se fait enlever, est emmené dans les bois et est passé à tabac. Pourquoi ? Il ne le sait pas. Mais il sait que sa fille de 18 mois était dans sa chambre lorsque les voyous ont sonné à sa porte et que sa femme ne rentrera pas avant le lendemain. Laissé pour mort dans la forêt, il parvient néanmoins à atteindre une maison et à demander de l’aide. La jeune femme chez qui il vient de frapper s’appelle Emilie, elle est infirmière et vit toute seule avec son chien. Refusant de l’aider au départ, elle cède lorsque Vincent mentionne son bébé, Emma. Mais si Vincent se croit tiré d’affaire, son cauchemar ne fait en réalité que commencer. Emilie n’a pas l’intention de le soigner, au contraire. Elle qui a toujours rêvé d’avoir un enfant, elle y voit l’occasion de kidnapper le bébé et d’enfin devenir maman. La jeune femme est prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut : les heures de torture commencent pour Vincent…

Mon avis :
J’ai reçu ce roman dans le cadre d’une masse critique Babelio. J’ai reçu des épreuves non corrigées sous forme de feuilles reliées ; ce n’est pas un format courant pour moi mais j’aime bien car j’ai l’impression de faire partie du petit cercle fermé de l’auteur et de découvrir son travail en exclusivité. J’ignore si des corrections auront été apportées dans la version définitive mais j’ai trouvé dans cette version que tout se tenait et à mes yeux, rien n’est à changer et/ou corriger.

Coraline Croquet, dont c’est le premier roman, nous prévient dès le début que son histoire est partie d’un fait réel. L’écriture est fluide et maitrisée. La tension augmente au fil des pages.

J’ai bien aimé le fait que l’on ne sache pas dès le départ pourquoi Vincent s’est fait enlever (vous pourrez fonder des hypothèses au cours de votre lecture et la réponse vous sera donnée, c’est très appréciable de la part de l’auteure de ne pas nous laisser sur un sentiment de frustration en ne nous en donnant par la raison). Le pauvre homme se retrouve dans une situation qui n’est vraiment pas enviable. Il se fait kidnapper, se fait tabasser au point de presque y laisser la vie et une fois qu’il croit voir le bout du tunnel, il découvre que la personne chez qui il est venu chercher de l’aide le séquestre dans un but bien précis. Il a toujours à l’esprit cette inconnue : pourquoi ? Cependant, je ne l’ai pas pris en pitié. Coraline Croquet nous le présente comme un homme faible qui fuit devant les responsabilités, les difficultés, un homme, qu’en fin de compte, on n’a pas envie de plaindre. Cependant, tout ce qu’il vit va, d’une certaine façon, le changer, le faire murir.

Dès le départ, on devine que quelque chose ne tourne pas rond chez Emilie. Elle vit en recluse avec son chien, comme si elle cherchait à se cacher. On se doute qu’elle a vécu quelque chose de terrible et petit à petit on comprend… Bien entendu, cela n’excuse pas son attitude ni ses actes. Plus on avance dans l’histoire plus on se demande si elle va franchir le point de non retour. Dans le roman, Vincent la compare au personnage joué par Kathy Bates dans “Misery” et cela colle tout à fait à Emilie (elle est d’une telle froideur dans les séances de torture ! Je ne verrai plus jamais mon presse-purée du même œil). Elle se bat contre elle-même, contre sa “folie”, elle est un peu comme une sorte de Dr Jeckyll & Mister Hyde.

A côté de ce huis-clos, l’auteure nous relate des faits qui se sont déroulés des années plus tôt, des faits abjects perpétrés par des monstres et ayant des conséquences irréversibles. Cependant, Coraline Croquet ne tombe pas dans le voyeurisme malsain et gratuit. Elle n’a pas besoin de les détailler. En lisant les mots, le lecteur visualise sans peine les scènes et je dois dire que ces chapitres ont été pour moi bien plus difficiles à lire que les scènes de tortures subies par Vincent. J’avais quasiment à chaque fois la nausée et je devais faire une petite pause avant de reprendre ma lecture.

C’est un roman riche qui traite de pédophilie, de prostitution infantile, du syndrome post-traumatique, de lâcheté, de trahison, mais aussi d’amour parental (ou de son absence). Attention aux âmes sensibles, certains passages sont vraiment difficiles.

Pour conclure, c’est un premier roman réussi d’une auteure que je prendrai plaisir à suivre si elle continue sur sa lancée.

Les ombres de l\'innocence par Coraline Croquet

Les ombres de l’innocence

Les ombres de l\'innocence

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2 thoughts on ““Les ombres de l’innocence” – Coraline Croquet

  1. Coucou !
    Je suis en train de le lire, je l’ai aussi reçu via la masse critique Babelio. Honnêtement j’ai beaucoup de mal. Toute l’histoire, le ressenti et les pensées des personnages sont écrites sous forme de métaphore et c’est lourd, mais lourd ! Des fois je suis obligée de relire 2 fois pour comprendre le sens. Affreux ! Elle utilise aussi beaucoup la technique d’énumération de synonymes. Bref, tout ça ne me plait pas du tout, c’est tout sauf naturel et rend la lecture laborieuse. J’espère arriver au bout !

    1. Hello Cindy, comme quoi, les goûts sont vraiment différents. Je n’ai pas eu du tout ce ressenti. J’ai trouvé le tout fluide et à aucun moment je n’ai eu une impression de lourdeur dans l’écriture. J’espère que tu arriveras à aller jusqu’au bout.

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